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Vers une reprogrammation de l’éducation nationale ?

Bonjour !

Vers une reprogrammation de l’éducation nationale ?

© Photo : m.dezinfo.net

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Songeant aux réformes de l’éducation nationale signées Vincent Peillon, je revois mon propre parcours scolaire.

Curieusement, plutôt mes années de primaire que celles passées dans le secondaire. Je revois mes instituteurs. Je revois Mme Châtelain, enseignante en CE2 à Chomel qui à l’époque pratiquait encore les pensums et distribuaient, à l’occasion, des fessées. Pourtant, nous l’aimions tous cette instit qui nous offrait des images représentant des papillons lorsqu’on le méritait, nous familiarisait à l’histoire de France et qui, en guise de cadeau de fin d’année, avait eu la bonté d’offrir aux filles Les petites filles modèles de la Comtesse de Ségur et aux garçons l’Ile au trésor de Stevenson. C’était au tout début des années 90. L’école était très probablement ce qu’elle avait était vingt ans auparavant, divulgatrice d’un système de valeurs qui voyait surtout en l’école une entité complémentaire à ce champ d’épanouissement inégalé qu’est la famille. L’appréciation éthique signifiait ce qu’elle devait signifier, le travail de l’élève était évalué en fonction de sa qualité réelle.

Or, voici que ce modèle ne semble plus avoir le vent en poupe. Démodé, voué aux oubliettes (de quoi se sentir vieux), il n’en reste qu’un souvenir nostalgique pareil à celui que l’on a de la terre lorsque le bateau divague au gré des intempéries et qu’il n’y a plus personne pour faire tourner le gouvernail. Voici une première impression d’ensemble.

En réalité, le bateau n’est pas prêt à faire naufrage, car, depuis voilà près d’une décennie, il s’est trouvé une équipe particulièrement ambitieuse qui pense être aux commandes du navire en se prenant pour Poséidon. Vincent Peillon et son prédécesseur Luc Chatel sont les deux figures emblématiques de cette révolution éducationnelle, même si le cas Chatel est d’une innocence parfaite par rapport au big-bang idéologique projeté en toute ambition par son successeur. Rappelons-nous. Il s’agissait il y a encore un an et demie-deux ans de repenser la structure du BAC en le réduisant à ce noyau dur qu’on ne peut lui refuser sans tuer définitivement l’enjeu de l’épreuve finale. En mars 2012, l’Express avait publié des chiffres assez contradictoires faisant état de 2/3 de notes inférieures à la moyenne mais d’une augmentation sensible du taux de réussite aux épreuves du baccalauréat durant les 40 dernières années. Curieux, n’est-ce pas ? En fait, on se rend vite compte que la réforme du BAC ne visait pas tant à l’allégement de ce dernier qu’au réajustement artificiel des notes quitte à dévaluer presque totalement ce qui prétendait être un système d’évaluation impartial. Comme conséquence : baisse du niveau scolaire (qui était d’ailleurs la prémisse de la réforme engagée), aliénation de l’esprit de compétitivité au sein de l’école entraînant la chute du degré de motivation etc. On aurait dû s’en prendre à la qualité de l’enseignement dispensé. On s’en prit pourtant, contre toute attente, à la dureté de la notation et à la lourdeur implacable des programmes. L’égalité en tout au détriment de tout, voici le nouveau mot d’ordre de Grenelle. Si M. Chatel et son équipe ont ouvert la voie à la médiocrité ambiante, M. Peillon a adapté ce même terreau de médiocrité à sa propre vision de l’éducation scolaire, vision pleinement partagée par des lobbies idéologiques puissants présents tant à gauche qu’à droite.

Cette égalitarisme constitutif de la triade républicaine tient ses excès d’un paradigme idéel assez opaque lorsqu’il le formule, par allusions, ex cathedra, et archi-manifeste lorsqu’on prend la peine de se plonger dans ses essais. Je pense notamment à Une religion pour la République : la foi laïque de Ferdinand Buisson (Le Seuil, Paris, 2010) et Refondons l’école (Le Seuil, 2013). S’inscrivant dans la lignée de Jean Jaurès, M. Peillon se veut le promoteur d’une laïcité encensée qui aurait les traits caractéristiques d’une religion. Je reprends ici quelques réflexions symptomatiques énoncées par le ministre dans ses ouvrages :

- [Il faut] une religion pour la République (..).

- La Révolution française n’est pas terminée (…). [C’est] l’incarnation d’un sens, d’une régénération et d’une expiation du peuple français (…). La révolution est un évènement métahistorique, c’est-à-dire un évènement religieux (…). L’école a un rôle fondamental, puisque l’école doit dépouiller l’enfant de toutes ses attaches pré-républicaines pour l’élever jusqu’à devenir citoyen (…).

- [Il faut] arracher l’élève à tous les déterminismes : familial, ethnique, social, intellectuel (afin de) s’appuyer sur la jeunesse pour changer les mentalités.

Ces thèses sont si lourdes de conséquences que leur analyse nécessiterait en principe une dissertation de socio ou de philo. Voici, en mode synthétique, ce qu’elles sous-entendent avec tant d’élégance verbale :

- Rien de moins laïque que la vraie laïcité. Cette dernière devrait être élevée au rang de religion et les réalités qu’elle prône devraient être reconnues irrévocables. Qui se cache derrière la laïcité, se demande-t-on ? L’Etat. M. Hollande, M. Ayrault, M. Peillon et compagnie. Par conséquent, l’Etat a toujours raison. Voici, en quelques mots, le schéma du totalitarisme républicain qui tend, au mieux, aux idéaux soviétiques des années 30-50, au pire, à la dictature de Pyongyang. Toute dictature réprimant l’exercice de la pensée autonome, on comprend mieux pourquoi l’école est d’emblée définie comme « un espace de vie » et non un espace de connaissance. En somme, on constate que l’école enrôle et programme plus qu’elle n’instruit. C’est là que le bât blesse et c’est ce qui explique le nouveau projet de loi examiné en ce moment qui prescrirait d’envoyer les petits à l’école dès l’âge de deux ans au lieu des trois révolus.

- Un individu formaté comme un disc dur doit bien sûr être exempt de toute influence externe, notamment de l’influence familiale. Il doit être déraciné et accro d’un métissage inutile car, à des proportions élevées, le métissage tue la nation. On apprendra donc à idolâtrer cette pratique de dilution ethnique tout en vilipendant des nations identitaires et souveraines telles que la Chine, l’Iran, la Syrie etc. Le fait qu’il faille arracher l’individu à son déterminisme intellectuel ne s’explique que par le souci de précipiter l’élève dans un autre déterminisme qui est celui du conventionnalisme et de la grisaille conformiste. Il y a donc, d’un côté, les citoyens soumis, le troupeau, de l’autre, l’élite dirigeante dont les enfants fréquentent les bonnes écoles et partagent consciemment les thèses véhiculées par le pouvoir.

- Notons au passage le vocabulaire employé par M. Peillon qui parle entre autres d’expiation de la part du peuple français aux heures d’une « Révolution » qui n’est pas prête à être enterrée (imaginons le même type de discours en Russie par rapport à la Révolution d’Octobre ! Je ne me l’imagine guère). De quelle expiation veut-il parler au juste ? Notons la récurrence (dans d’autres écrits de taille publiés aux éditions du Seuil) du terme religion dans un discours portant sur la laïcité et l’agressivité latente du style (l’école doit dépouiller l’enfant de ses attaches …).

Le projet de reconstruction de l’école est donc une fois de plus, en parallèle à l’adoption de la loi Taubira, un immense projet de nature civilisationnelle visant à la reformation idéologique du Français moyen. Ceci étant, léguant l’enfant aux soins de l’école seule, M. Peillon semble oublier que cette dernière a de moins en moins d’influence sur les individus qu’elle est censée former. C’est le cas dans les zones sensibles en accroissement constant parce que les habitants de ces zones n’ont pas l’intention d’obéir aux lois de la République. C’est aussi assez souvent le cas des quartiers plus ou moins favorisés très à cheval sur le culte du politiquement correct, culte qui handicape le travail des équipes pédagogiques incapables de sanctionner convenablement les fauteurs de trouble et donc de se faire respecter. La volonté de former un homme nouveau couvé dans une école républicaine prétendument omnipotente est très probablement vouée à l’échec ce qui, d’un côté, rassure, de l’autre, fait plus peur que jamais car viendra un temps où ce n’est plus l’école républicaine mais l’école de France qu’il faudra sauver.

Les opinions exprimées dans ce contenu n'engagent que la responsabilité de l'auteur

Françoise Compoint

Lien : http://french.ruvr.ru/radio_broadcast/217362642/242795886/?from=menu

Retrouvez le journal de réinformation La Voix de la Russie chaque lundi avec Sylvie Collet sur www.prorussia.tv/

Et la radio La Voix de la Russie "on discute dans le studio" ici Moscou en Français avec Boris Toubanov et Françoise Compoint :

http://french.ruvr.ru/radio_broadcast/alf_programs/

La radio La Voix de la Russie nous change des vulgarités et mensonges des stations de radios françaises

Vive un axe Moscou Berlin Paris!!!

Vive la Russie!!! et Vive M. Vladimir Vladimirovitch Poutine!!! :):):)

Et pour la France un retour aux sources :):):)

Autre sources d'infos le portail de l'éveil : http://larevolutioncitoyenne.blogspot.fr/

Cordialement,

Chiron

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