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Bonjour !
Photo : EPA
En se baladant en plein cœur de la capitale française, on a vite fait de remarquer le nombre de SDF qui jonchent les trottoirs de Paris. En principe, ce phénomène est partout pareil : en Russie, aux Etats-Unis ou ailleurs, ces personnes qui crient silencieusement leur désarroi, sont présentes en marge de nos activités quotidiennes.
Parfois, on marque une pause en s’arrêtant et on se dit immédiatement : « Tout faire pour ne pas finir comme ça ! » C’est que personne n’est à l’abri : un crédit au logement, le travail précaire, les problèmes d’une retraite mal organisée ou encore la marche inexorable des banlieues peuvent nous toucher tous de plein fouet. La seule différence dont on s’aperçoit en France est la suivante : apparemment, il n’y a que des blancs, des Européens ethniques qui se transforment en clochards. Je n’ai pas vu parmi eux un noir, un jaune ou un arabe durant les deux jours que j’ai passés à déambuler des Champs-Elysées à Saint-Cloud. Les blancs sont bien là, dans la rue. Les autres ethnies sont étonnamment absentes du tableau familial de la misère française. Etonnant phénomène que ce clivage sociétal !
En parlant des SDF, on vient de présenter sur les ondes russes l’histoire d’une vieille dame octogénaire, bordelaise, partie chez son fils à Cherbourg et dès son retour confrontée à deux familles bulgares qui squattaient son logement au vu et au su des autorités. Une ONG les a placés dans la maisonnette de Mme Grenadie, en faisant valoir que la bâtisse était à l’abandon. Sic ! - comme disaient les Jésuites de mon temps.
Damien Rieu a été parmi ceux qui ont occupé le toit de la mosquée de Poitiers pour faire barrage à l’islamisation de la France. Le voilà aux côtés des plus démunis, militant des actions humanitaires pour faire face au climat et au manque de nourriture. Et il s’agit de Français qui selon lui, à la différence des étrangers, sont abandonnés par les autorités dans la rue. « Génération Identitaire » , un phare pour les Français, continue à se propager en France ; écoutons donc Damien qui nous raconte ses faits d’armes au service de la France.
La Voix de la Russie. Damien Rieu, beaucoup de choses se sont passées depuis l’apparition de Génération Identitaire ? Quels sont vos objectifs ?
Damien Rieu. Depuis l'action médiatique de la grande mosquée de Poitiers, nous avons organisé une campagne qui s’appelait « Génération solidaire ». Nous sommes venus en aide aux SDF français et européens, oubliés par l’Etat français qui n’hésite pas à loger les Roms et les étrangers dans les hôtels mais qui refuse d’héberger les Français et les Européens. Dans les mêmes conditions, nous avons fait une grande campagne qui a duré quatre mois, tout cet hiver, dans toute la France et dans toutes les villes où nous sommes implantés et dans lesquelles nous avons distribué du matériel, de la nourriture, des couvertures... Et puis on a aussi sensibilisé l’opinion publique et les médias sur cette injustice flagrante par rapport aux étrangers qui sont mieux lotis que les Français. Ensuite il y a eu la Manif pour tous. Là, nous avons pris part à toutes les actions et manifestations de la Manif. Nous avons participé au Printemps français. Nous nous sommes investis dans toutes les organisations qui existent. Nous avons participé à des groupes, à des mouvements, mais pas sous notre étiquette, en restant plutôt discrets dans tous ces mois de lutte contre le mariage gay. Nous avons été en première ligne et avons monté plusieurs actions dont une spectaculaire : nous avons bloqué l’autoroute à Lyon aux heures de la promulgation de la loi. Et puis une action qui a eu beaucoup plus de retentissement : nous avons occupé le toit du Solferino, siège du Parti Socialiste à Paris. Nous sommes montés sur le toit au nombre de 17 ou 19... Et pour cette action-là, nous avons déployé la banderole : « Hollande ! Démission ! » Pour cette action-là les participants sont évidemment placés en contrôle judiciaire. Et nous sommes jugés jeudi prochain, le jeudi 25 juillet, à Paris. On essaie de voir comment l’Etat réagit si le contrôle judiciaire se termine. Pendant ce temps, notre notoriété s’est développée. Le nombre d’adhérents aussi.
Hier nous avons franchi la barre des 20 000 likes sur Facebook qui est un outil de plus en plus prisé pour connaître la taille du mouvement dans cette époque où il y a de moins en moins d’adhérents et de militantisme de masse. On peut mesurer l’ampleur du mouvement par la page Facebook. C’est un moyen. Hier on a dépassé les 20 000. Et sinon, au niveau de notre programme, nous avons notre université d’été, la 11e édition qui se tient du 12 au 17 août dans la région grenobloise et nous invitons tous ceux qui veulent se former pour affronter la nouvelle année militante. Et puis à la rentrée il y aura de nouvelles campagnes. Il y aura probablement le renouvellement de notre nouvelle campagne « Génération solidaire » et de nouveaux projets dans tous les cas.
LVdlR. Quelle est la réaction des autorités à votre égard et envers votre mouvement ?
Damien Rieu. C’est particulier ! C’est un peu dur de vous le dire. Je crois que le pouvoir a été un peu humilié par cette action. Parce que, très clairement, on a réussi à entrer dans un lieu de pouvoir. Voilà que l’on a un ministre de l’Intérieur qui fait de la répression sur des manifestants, qui doit défendre la France et qui est incapable d’empêcher les manifestants de monter sur le toit du siège de son parti ! Et forcément le pouvoir a entamé une répression avec le contrôle judiciaire très sévère. Et le contrôle judiciaire c’est pour les braquages. C’est pour les gens qui commettent de véritables délits alors que nous, nous faisons du militantisme politique. Donc on est victimes actuellement des répressions politiques. On n’a plus le droit de se voir entre militants. C’est quasiment l’équivalent de ce que les quatre militants de Poitiers ont vécu avec la répression de ce côté-là. Ils attendent toujours leur jugement et la fin du contrôle judiciaire. On a un Etat que l’on sent inquiet et très fort dans la répression afin de dissuader de nouvelles actions. Malheureusement pour lui, j’ai l’impression que cela renforce au contraire l’opposition. Ca renforce notre mouvement. Tout le monde est derrière nous ! L’opinion est derrière nous parce que la réaction est disproportionnée par rapport à ce que l’on fait. On n’a fait de mal à personne !
Commentaires : lorsque Mathias Rust, un jeune pilote allemand, a atterri sur la Place Rouge à Moscou, on a crié au scandale parce que la DCA soviétique ne l’avait pas repéré. Il en va de même maintenant pour Damien et ses compagnons d’armes. Comme il l’a très bien expliqué, les autorités sont tellement mal organisées qu’elles n’arrivent même pas à défendre le château de Flamby. Il semble que la rentrée n’aura pas lieu dans le calme. Et nous, pour notre part, nous allons continuer de suivre « Génération identitaire » au procès que l’Etat français leur a intenté. N
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Alexandre Artamanov
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Chiron