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Le plus célèbre de tous les tireurs d’élite de la guerre n’était pas Soviétique, il était Finlandais et combattait dans les armées ennemies. Simo Häyhä a totalisé pas moins de 542 victoires, mais après lui, les plus grands tireurs d’élite furent bel et bien Soviétiques. De la 2e à la 14e place, tous les noms sont ceux de héros de l’Armée rouge totalisant à eux tous plusieurs milliers de victimes dans les rangs de l’envahisseur. Rendons honneur à Ivan Sidorenko, aux dernières nouvelles encore en vie et qui fut crédité de 500 ennemis abattus. Il fut plusieurs fois blessé et décoré des plus hautes distinctions dont celle de Héros de l’Union soviétique. Après la guerre, il travailla comme contremaître dans une mine de charbon et pris sa retraite. Il réside aujourd’hui au Daguestan mais il est né non loin de Smolensk.
Dans la longue liste des tireurs soviétiques et de leurs exploits, l’homme du film Stalingrad, Vassili Zaïtsev (1915-1991), a bel et bien existé. Au-delà du personnage de fiction du film, ce fameux tireur d’élite n’arrive qu’à la 59e place des meilleurs tireurs d’élite de la Seconde Guerre mondiale sur le front de l’Est. Dans un roman écrit par un Britannique, il fut opposé à un certain Heinz Torwald, tireur d’élite allemand qui a été mis en scène dans le fameux film du réalisateur français. Mais cet officier est une pure invention, soit de l’auteur anglais, soit d’un montage de propagande de guerre des Soviétiques. Il n’y a aucune trace dans les archives sur le tireur nazi et Zaïtsev lui-même, lorsqu'il a été interrogé sur ce sujet dans les années 60, a nié avoir eu à combattre un tireur spécialement envoyé pour le tuer. Malgré tout, l’homme possède un palmarès incroyable de plus de 240 victoires et une ribambelle de médailles qui en disent tout même assez long sur sa valeur. Il fut grièvement blessé à Stalingrad en janvier 1943. Il forma une trentaine de tireurs soviétiques qui totalisèrent à leur tour plus de 3 000 victoires. Il fut également l’inventeur d’une méthode dite de « chasse par six » qui est actuellement encore enseignée dans les écoles militaires.
Mais les hommes ne furent pas les seuls à s’illustrer dans cette spécialité où les Soviétiques furent des maîtres. De très nombreuses femmes furent formées dans diverses écoles dont la plus célèbre est Ludmilla Pavlitchenko (1916-1974). Elle aussi fut décorée du titre de Héros de l’Union soviétique et totalisa un nombre de 309 victoires. Originaire de Bila Tserkva en Ukraine, elle était une simple étudiante en histoire et fut l’une des premières femmes à s’enrôler volontairement dans l’Armée rouge. Environ 2 000 autres femmes furent également formées comme tireuses d’élite et moins d’un quart d’entre elles revinrent de cette terrible guerre. L’exploit de Pavlitchenko fut d’autant plus remarquable qu’elle réalisa son palmarès durant une courte période de moins d'une année, au cours des batailles d’Odessa et de Sébastopol. Blessée en juin 1942 et devenue une icône, ordre fut donné qu’elle cesse sa fonction de tireur d’élite et elle fut envoyée en tournée en Grande-Bretagne, au Canada et aux Etats-Unis, où elle fut reçue à la Maison Blanche.
Elle fit des émules. Parmi les amazones soviétiques dont elle motiva certainement la vocation, citons Roza Chanina (1924-1945). Bien moins chanceuse, elle fut tuée dans un combat en Prusse-Orientale le 28 janvier 1945, elle n’avait pas encore 21 ans. Elle était originaire d’Arkhangelsk et eut le malheur de perdre durant le conflit trois de ses quatre frères, tués dans plusieurs batailles, notamment à Leningrad et en Crimée. Elle était elle-même créditée de 59 victoires dont 17 dans la seule bataille de Vilnius. Quelques jours avant sa mort, elle écrivit que son tour viendrait alors que 72 des 78 tireurs de son unité avaient déjà été tués ou blessés grièvement.
Ces quelques exemples sont les plus célèbres, mais derrière eux se trouvent des milliers d’anonymes qui durant ce terrible conflit tombèrent tout aussi anonymement. L’histoire a oublié leurs noms, ils furent d’ailleurs tellement nombreux. L’Union soviétique perdit entre 26 et 28 millions de morts, dont 21 à 22 millions issus du territoire de l’actuelle Russie. Pas une famille soviétique, pas une famille russe n’a été épargnée par l’hécatombe de cette guerre atroce. Lorsqu’elle prit fin un 9 mai 1945, elle laissa place à une Europe exsangue et en ruines. Elle laissa l’Europe et le monde écartelés en deux blocs qui ne tardèrent pas à se faire face sous la menace dissuasive de la bombe atomique. Aujourd’hui, les vétérans s’en vont rejoindre leurs frères d’armes et demain, le devoir de mémoire échoira à nos générations futures. L’Homme a malheureusement la mémoire courte.
Lire sur la voix de la Russie : http://french.ruvr.ru/2013_05_09/Les-tireurs-d-elite-sovietiques-font-mouche/
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Chiron