Univers Terre Mer Nature
La Fête de la Musique n’est pas un Festival. Lancée en 1982 en France, cette Fête vraiment populaire a pris la dimension européenne et internationale, présente aujourd’hui dans plus de 100 pays sur les cinq continents, chaque 21 juin.
Son territoire privilégié est le plein air, les rues, les jardins, les cours d’immeubles, de musées, de châteaux et les places. Cette année la Fête de la Musique s’approche de la Place Rouge…
Deux groupes se produisent le 21 juin à Moscou. Le duo « Brigitte » a fait un retour dans la capitale après une série de concerts dans un des clubs musicaux moscovites. Et - deux frères de Laval qui forment l’« Archimède » lors d’un concert gratuit dans la zone piétonne de Kouznetzki Most, à deux pas du Théâtre Bolchoï. Dans leurs compositions – amour, humour… acidité… amertume… et joyeuseté… tout y est ! Dès que les premiers accords retentissent, nous sommes scotchés, collés, enjoués… Dans leur premier album sorti en juin 2009, « Archimède » rendait hommage à la plupart d’albums cultes de l’histoire du rock.
Depuis, le deuxième disque a mis en écoute les titres légers et frais, tels que ce sont L’été revient, Fear Facteur et Au diable Vauvert. Nous nous sommes rencontre entre deux répétitions dans un petit bistro moscovite pour parler de ce style plein d’humour et de la bonne humeur difficilement définissable et tellement reconnaissable de deux frangins – de Fred et Nico Boisnard.
Nico Boisnard. En fait, c’est une petite estampille pour caractériser notre musique. Comme on fait des textes en français mais qu’on est très mélodiquement attaches à ce que font des anglais, on est vraiment comme le shuttle entre l’Angleterre et la France. On essaie de faire le pont entre la musique anglaise et le texte en français qu’on essaye de soigner et auquel on est très attache.
LVdlR. Quand on écoute vos textes et votre musique on a l’impression que c’est tout naturel, comme quand vous étiez avant avec vos copains pour des boums etc. Et, naturellement, vous estes partis pour la musique professionnelle. C’est ça ?
Nico Boisnard. Oui, d’abord on a toujours été dans l’optique du divertissement. On n’a jamais pensé initialement qu’on deviendrait les petites vedettes, et, donc, on le faisait pour s’amuser. Effectivement, il a ce cote fun que vous retrouvez dans les chansons, on n’a jamais essaye de se draper dans les choses intellectuelles. On soigne le texte, mais de manière légère. On essaye d’être légers mais soignes.
LVdlR. On va poser la question au grand frère : qui était au début – le grand ou le petit ?
Fred Boisnard. Au début, c’est moi, quand-même. (En s’adressant à Nico) C’est vrai ! Ne dis pas des bêtises ! C’est moi, je faisais de la musique, je composais des chansons tout seul, pour moi et avec un autre groupe. On cherchait un chanteur, un bon chanteur, j’entendais Nico chanter dans sa chambre, j’ai dit : « Tiens, viens essayer » Et il est devenu chanteur, et il a écrit des textes, et on a monté un groupe qui n’a pas marché, on a remonté un deuxième qui n’a pas marché. Et, on a rejoue tous les deux, ça a commencé à marcher, on a monté un groupe avec ceux-là, et ça marche. Il faut s’accrocher, c’est le chemin de beaucoup des musiciens.
LVdlR. En fait, c’est vous qui avaient tout appris à votre frère ? Vous l’avez pris au berceau, et…
Fred Boisnard. Non, non, non... Pas du tout. Il a beaucoup appris de musique avec moi, mais moi, j’apprends beaucoup au niveau des textes avec lui.
LVdlR. C’est lui qui écrit les textes, c’est vous – la musique.
Fred Boisnard. Lui, fait les textes, moi, principalement, la musique. Je fais toutes les démos, etc. J’enregistre tout, et Nico compose quelque fois avec sa bouche. Il ne joue pas d’instrument, mais il chante son texte. Il a des idées mélodiques, donc, il chante son texte.
LVdlR. Vous vous inspirez de l’actu ou de votre monde intérieur tellement riche ? Comment ça vient, les thèmes ?
Nico Boisnard. De tout. Tout est prétexte à écrire. Ça peut être l’actualité, on a des chansons qui sont un peu sociales, engagées, mais on a aussi la volonté de rester assez légers. On ne se prive pas de chanter les titres comme L’été revient.Pourvu que ça ne soit pas trop con. On n’essaye pas de faire la chanson pour la plages. Mais cela peut être ensoleille, on peut chanter des chansons gaies et soignées. Trenet le faisait très bien.
LVdlR. Le nom de votre groupe est parlant. Archimède disait : « Donnez-moi un point d'appui, et je soulèverai le monde » Quel monde de musiques cous voulez soulever ?
Fred Boisnard. Le monde de la musique soignée, on va dire. Des choses qui ne se moquent pas des gens. Quelque chose, comme disait Nico, de léger, qui divertit, mais qui est bien fait, qui est sérieux, où il a du vocabulaire, des mots. Mais on ne veut pas faire non plus de la poésie, ou de choses qui nous ne ressemblent pas. On fait des choses très naturelles, mais bien faites. On aime le travail bien fait.
LVdlR. Cela ne peut pas dévier l’attention du public qui risque de se faire prendre au piège de la musique légère et qu’on oublie les paroles ?
Fred Boisnard. Non, au contraire. On attire l’auditeur avec la musique et, derrière, les gens s’intéressent au texte, le lisent. On a toutes nos paroles dans les disques qu’on sorte tout le temps. Et c’est une grande force chez nous.
Nico Boisnard. Les chansons que vous avez écoutées – L’été revient, Le bonheur, Je prends - sont les chansons éminemment légères, assez enjouées. Mais il y a vraiment plus de profondeur dans les disques, ou on aborde les sujets plus sérieux. Ceux qu’on évoquait, ce qu’on appelle des « singles ». On a des chansons plus acéreux, avec des textes plus profonds.
Je pense aussi qu’il faut être polyvalent dans l’écriture. Tantôt léger, parfois creuser un peu. Et chercher l’émotion aussi.
LVdlR. J’ai l’impression que vos paroles sont facilement accessibles et qu’on a envie de les reprendre en cœur. Et après les répéter… Est-ce que c’est ça qui se passe ?
Nico Boisnard. Oui, c’est important d’écrire pour que ça soit repris et chante. Pour que ça soit repris et chante. Et notre souci premier c’est le sens et le son. Il faut que ça soit phonique. Que les mots coulent dans la langue. Le musical anglo-saxon n’est pas facile avec le français. C’est vraiment au chausse-pied : chaque mot doit à la fois avoir le sens et sonner, être beau à chanter. Pour que les gens reprennent les paroles.
LVdlR. On a l’impression qu’il y a un sourire derrière à chaque fois…
Fred Boisnard. Oui, notre objectif… plutôt, on aime bien, on écoute beaucoup les chansons avec les mélodies qui se retiennent. C’est difficile pour mon frère, parce que souvent je chante « oueh-oueh-oueh… Wap-wap-dou-wap », ce qu’on appelle « chant lavabo » en France, et Nico doit poser le texte sur des mélodies quelque fois. Il faut toujours ce mariage entre la mélodie et le texte qui veut dire quelque chose, mais qui est aussi se retient bien.
LVdlR. Sur qui vous testez vos paroles et vos chansons ? Vos proches ? Vos amis ? Sur qui ?
Fred Boisnard. Personne ! Non ! (rires) déjà tous les deux, on se pose beaucoup de questions. Ensuite, on fait écouter à nos femmes. Et on a aussi le directeur artistique dans notre maison des disques qui est le premier vraiment à émettre un avis et qu’on écoute beaucoup. Nos femmes aussi… Mais lui, c’est un avis professionnel qu’il donne.
LVdlR. Le premier concert c’est sous la douche, alors ?
Fred Boisnard. Un peu, oui ! En quelque sorte.
Nico Boisnard. Je compose, j’écris beaucoup sous ma douche. Les textes le matin viennent vraiment quand je me lève. Bizarrement, quand Archimède prenait son bain, il a trouvait ses formules mathématiques, alors les textes me viennent souvent sous la douche.
Fred Boisnard. Apres, il se les récite, parce que il n’a pas de crayon sous la douche, évidemment. Moi, je ne joue jamais de la guitare sous la douche, ce n’est pas génial.
LVdlR. Vous venez d’arriver hier à Moscou… La première impression ? La plus forte ?
Nico Boisnard. La plus forte – on est rentre dans le vif du sujet, puisqu’on est allé dans un restaurant très typique. On a mangé un repas délicieux, dont on se souviendra toute notre vie. On a vécu la soirée « russe » comme il se doit. On est vraiment contents d’avoir plongé dans le bain direct !
LVdlR. Epicuriens, donc, plus que dandy ?
Fred Boisnard. Les deux. On profite de la vie, mais on aime bien aussi l’élégance et le chic.
LVdlR. Vos projets ? La prochaine mélodie ? Prochaine chanson ? Il y a déjà quelque chose qui cuit ?
Nico Boisnard. On a un troisième album qu’on sortira au début de l’année prochaine, en mars ou en avril. Là, on a terminé de faire toutes les chansons. On a écrit une trentaine, dont on a gardé une dizaine. Et on les enregistre cet été.
LVdlR. On peut faire une avant-première à la Radio La Voix de la Russie ?
Fred Boisnard. Oui, on reviendra ! Et on pourra même jouer dans les locaux de la radio avec une guitare, si vous le souhaitez !
LVdlR. Je vous prends au mot, on va vous inviter.
Fred Boisnard. Avec plaisir !
Lire sur La Voix de la Russie : http://french.ruvr.ru/radio_broadcast/5646129/223365340/
C'est pas mal !
Et voir le journal de réinformation La Voix de la Russie sur www.prorussia.tv/
Radio ici Moscou : http://french.ruvr.ru/radio_broadcast/5646129/223365340/
Chiron