Le Panthéon Lire la suite l'article
S'il est une tradition bien française, c'est bien la recherche de ce qui fait la Grandeur de la France. Las... sous le régime de Nicolas Sarkozy, on devrait malheureusement reformuler cette phrase ainsi:
"S'il est une tradition bien ancrée dans l'identité nationale française, celle de la Grandeur de la France. "
En 1993, dans un article intitulé "Toujours Grandeur", le magazine américain Newsweek moquait cette éternelle recherche de la Grandeur française.
L'époque s'y prêtait. 2 septennats de François Mitterrand voyaient sortir de terre la Très Grande Bibliothèque, le Grand Louvre, et la Grande Arche de la Défense sans oublier le train à grande vitesse lancé par ses prédécesseurs. François Mitterrand très malade, laissant le champ libre au Balladurisme triomphant, ce père du Sarkozysme. La voix de la France était affaiblie et cet affaiblissement ouvrait la voie aux moqueries anglo-saxonnes.
En 2009, le Sarkozysme a les pleins pouvoirs. Et à mi-mandat, Nicolas Sarkozy ne lésine pas sur l'emploi de l'adjectif Grand.
Le Grand Paris et son Grand huit de foire foraine. Le Grand Emprunt pour ce qui n'est qu'une grosse dette léguée à nos enfants. Et finalement ce débat intitulé Grand Débat sur l'Identité Nationale dont les prémices, faisant de l'immigration le problème, dégagent une odeur nauséabonde et si dramatiquement éloignée de ce qui fait la Grandeur de la France.
Là où François Mitterrand avait ainsi utilisé l'adjectif dans un projet plaçant la culture au cœur de ce qui fait la France, Nicolas Sarkozy le travestit pour des desseins électoraux bien petits.
Une manière de faire fort éloignée de ce qui fonde le Gaullisme. Le Gaullisme abandonné par l'UMP pourtant héritère du RPR... Le Gaullisme qui s'est toujours attaché à rechercher la Grandeur de la France par les actes et par des discours en cohérence avec ces actes. Ce que Ségolène Royal appelle aujourd'hui plus simplement "la politique par la preuve". Et de ce fait la petite voiture électrique à 5000 € présente sur le parvis de la Mairie de Copenhague fait plus pour la Grandeur de la France que bien des gesticulations de Nicolas Sarkozy...
Oui, Nicolas Sarkozy n'aura jamais rien compris à l'essence même du Gaullisme, à une certaine idée de la France et donc de sa Grandeur. Une idée qui fait que les français, tous les français, y compris les français en devenir se rassemblent pour elle, autour d'elle, là où Nicolas Sarkozy stigmatise et rejette.
Si Nicolas Sarkozy avait compris cette idée de la France, alors nous n'en serions pas à déplorer des actes antisémites qui ont "plus que doublé au cours des neuf premiers mois de l'année" par rapport à la même période de 2008. Des actes que Brice Hortefeux qualifie de "Poison de la République" et pour lesquels il va juste nommer un préfet...
Nous n'en serions pas à déplorer la profanation de la mosquée de Castres, dans le Tarn, dans la nuit de samedi à dimanche. Une profanation qui n'existe pas puisque le journal télévisé de TF1 comme celui de France 2 ont choisi de faire l'impasse sur cette information dérangeante pour Nicolas Sarkozy et son Grand Débat sur l'Identité Nationale.
Nous n'en serions à constater avec effarement qu'une ministre de la République Française, Nadine Morano, demande aux jeunes musulmans français de ne plus parler "verlan" au cours de ce même Grand Débat sur l'Identité Nationale. Oublieuse du fait que la République ne connait que des citoyens, Nadine Morano déclarait ainsi:
"Moi, ce que je veux du jeune musulman, quand il est français, c'est qu'il aime son pays, c'est qu'il trouve un travail, c'est qu'il ne parle pas le verlan, qu'il ne mette pas sa casquette à l'envers".
Et oublieuse aussi du fait que le verlan puise ses racines dans la tradition française jusqu'au XVIème siècle...
Pour paraphraser Léo Ferré, disons que la France c'est un idée.
Une idée que Nicolas Sarkozy ignore et à laquelle il tourne ostensiblement le dos.
C'est pourtant cette idée qui fait toute la Grandeur de la France.
Bonus:
Alors que les terminales scientifiques vont bientôt être privées de cours d'Histoire prenont un moment pour lire ou relire Charles de Gaulle :
"Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France. Le sentiment me l'inspire aussi bien que la raison. Ce qu'il y a en moi d'affectif imagine naturellement la France, telle la princesse des contes ou la madone aux fresques des murs, comme vouée à une destinée éminente et exceptionnelle. J'ai d'instinct l'impression que la Providence l'a créée pour des succès achevés ou des malheurs exemplaires. S'il advient que la médiocrité marque, pourtant, ses faits et gestes, j'en éprouve la sensation d'une absurde anomalie, imputable aux fautes des Français, non au génie de la patrie. Mais aussi, le côté positif de mon esprit me convainc que la France n'est réellement elle-même qu'au premier rang : que seules de vastes entreprises sont susceptibles de compenser les ferments de dispersion que son peuple porte en lui-même ; que notre pays tel qu'il est, parmi les autres, tels qu'ils sont, doit, sous peine de danger mortel, viser haut et se tenir droit. Bref, à mon sens, la France ne peut être la France sans grandeur."
Charles de Gaulle, Mémoires de guerre, tome 1, Plon, 1954
Rejoignez-moi sur Twitter à cette adresse :
http://twitter.com/richardtrois
Réagissez à l'info : La Grandeur ou quand Nicolas Sarkozy ignore ce qui fait la France
- Nadine Morano: "Ce que je veux du jeune musulman français, c'est qu'il ne parle pas verlan"
- Que dit ce porte-monnaie au gouvernement qui augmente le Smic de 0,5%, autrement dit, du minimum?
- Nadine Morano et les jeunes musulmans: les Posteurs lui mettent un taquet
- Vidéo off de Rachida Dati: "Pas envie d'alimenter cette non-polémique"
- Inscrivez-vous à la newsletter du Post.fr