Christine Lagarde, ministre de l’Economie français, et Laurent Wauquiez, ministre aux Affaires européennes, ont tenu ce mardi un point de presse au Palais de Carthage. Avec une humilité affichée,
et s’efforçant manifestement à faire oublier les bévues de Michelle Alliot-Marie et du nouvel ambassadeur Boris Bouillon, les deux ministres français sont venus assurer la Tunisie du soutien et
de l’appui de la France, "dans un esprit d’écoute et sans aucune ingérence", évoquant la nécessité "d’un Plan Marshall" pour la Tunisie.
"Nous avons été accueillis chaleureusement par le Premier ministre et les ministres, avec qui nous avons eu des échanges fructueux, détaillés et précis", a déclaré d’emblée Christine Lagarde, qui
dit être ici "pour exprimer l’amitié, le soutien de la France à la Tunisie et notre détermination pour la réussite de cette révolution pionnière et cette période de transition".
"Nous avons examiné avec les membres du gouvernement de transition les conditions de renforcement du partenariat économique entre les deux pays", a-t-elle indiqué, rappelant que la France est le
premier partenaire de la Tunisie, en termes d’exportations, d’importations, d’investissements, et d’aide au développement. "La France compte accélérer les instruments financiers d’accompagnement
de la Tunisie au niveau du développement économique et financier, en matière notamment de promotion de l’emploi, de la lutte contre le chômage etc. sans aucune ingérence, et dans le respect du
désir exprimé par les autorités tunisiennes".
La ministre annoncé la visite imminente du secrétaire d’Etat au Tourisme français "pour mobiliser tous les acteurs du Tourisme en vue d’une campagne en faveur de la Tunisie, afin que les 1,4
million de touristes qui viennent tous les ans en Tunisie et d’autres puissent venir". Par ailleurs, Pierre Lellouche, secrétaire d’Etat chargé du Commerce extérieur va conduire une délégation
d’entreprises pour rétablir la confiance et relancer les investissements en Tunisie. Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l’Ecologie, et Laurence Parisot, présidente du MEDEF, seront également
du voyage dans la prochaine période, "dans le cadre d’une démarche avec des étapes successives qui s’inscrivent dans la durée", a-t-elle souligné.
Laurent Wauquiez a salué le peuple tunisien qui "a donné des leçons au monde entier", "ce que vous avez fait force le respect, l’impensable est devenu possible, nous sommes venus dans un état
d’esprit d’écoute, et non de donneur de leçon. Nous sommes ici pour être à vos côtés pour investir dans cette transition démocratique", a-t-il martelé, considérant que la Tunisie doit être la
priorité de l’Europe. "La France sera le meilleur avocat de la Tunisie auprès de Bruxelles".
Le ministre français a annoncé que les négociations seront enclenchées immédiatement pour l’accès de la Tunisie au statut avancé, dont la concrétisation interviendra avant la fin de l’automne.
"Il faut faire en sorte que la Tunisie puisse accéder au statut avancé, on n’est pas dans un statut standard, mais un statut sur mesure et privilégié, plus qu’avancé", a-t-il affirmé en citant
trois domaines de coopération :
1-terrain politique : soutenir les programmes des ONG, notamment en matière de liberté de presse
2-intégration économique de la Tunisie dans la sphère européenne
3-coopération sectorielle dans les domaines d’excellence : biotechnologie, formation professionnelle, participation à des programmes internationaux à l'instar d' Erasmus.
Au sujet du tourisme qui constitue "un secteur vital pour l'économie tunisienne", la France va financer un programme européen pour faire connaître la Tunisie dans toute l’Europe, et y faire venir
des touristes européens, a-t-il annoncé, en faisant savoir qu’un centre de recherche euro-méditerranéen sera créé en Tunisie.
Pour ce qui est des moyens financiers, "il n’y aura pas uniquement l’instrument de voisinage", mais également la BIRD, et la BEI qui a une capacité de financement considérable. "Nous allons
essayer d’attirer vers vous l’ensemble des partenaires financiers", a promis Laurent Wauquiez, évoquant la nécessité qu’il y ait un plan Marshall pour la Tunisie.
Le ministre aux Affaires européennes français promet "une diplomatie de faits et d’actions concrètes", et non "une diplomatie de paroles et de déclaration de bonnes intentions", une position
qu’il dit partager avec Michelle Alliot-Marie.
Christine Largarde a indiqué que les accords signés précédemment entre la Tunisie et la France seront maintenus dont celui signé par le Président français Nicolas Sarkozy sur l’immigration, qui
vise "à privilégier l’immigration légale et professionnalisante".
"La France accorde aux Tunisiens quatre fois plus de visas Schengen que toute l’Europe réunie", a renchéri Wauquiez, s'engageant pour une lutte contre l’immigration illégale, "car elle n’est
bonne pour aucune rive de la Méditerranée".
Le ministre s’est dit "bouleversé par les souffrances infligées au peuple libyen et l’usage éhonté de la force" à son encontre, estimant que "ces massacres ne peuvent pas rester impunis".
H.J.
http://www.gnet.tn/temps-fort/la-france-propose-un-plan-marshall-pour-la-tunisie/id-menu-325.html
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