Stalingrad
© RIA Novosti. RyumkinAu printemps 1943, il régnait une puanteur insupportable à Stalingrad. Les rues de la ville étaient envahies par les cadavres. Par la suite il s’est avéré que 150.000 dépouilles humaines et 16.000 animaux morts n'avaient pas été enlevés. La situation sanitaire dans la ville était terrifiante et dangereuse. Mais ceux qui ont traversé l’enfer de Stalingrad ne remarquaient ni l’odeur nauséabonde, ni les ruines autour. Ils étaient simplement heureux d’être en vie.
La maison du sergent Pavlov, le premier bâtiment restauré
Les personnes habituées à vivre dans les caves, les abris, les gourbis et les tramways touchés par des bombes construisaient des habitations de fortune et s’efforçaient de réparer les logements
par leurs propres moyens. La défense de Stalingrad a duré six mois. Durant cette période, 91% du parc de logements de la ville ont été détruits. Mais les gens tenaient à leur foyer natal. Une
femme ordinaire, Alexandra Tcherkassova, a créé un mouvement à Stalingrad. Avant la guerre elle travaillait dans un combinat de boucherie, pendant la guerre elle évacuait les blessés du champ
de bataille, et après la guerre elle a dirigé une équipe de nettoyeurs. Avec ses amies, Alexandra Tcherkassova a organisé la restauration bénévole de Stalingrad. La maison du sergent Pavlov a
été le premier bâtiment reconstruit par l’équipe de Tcherkassova. Les femmes ont réalisé les travaux en 58 jours, soit la durée de la défense de la célèbre maison-forteresse.
L'asphalte fondait, les vêtements brûlaient pendant les bombardements
Le 23 août 1942, à 16h18 les troupes allemandes ont lancé une puissante attaque aérienne contre Stalingrad. Les avions de la Luftwaffe larguaient des bombes de démolition d’une tonne pour raser
la ville. Les cratères laissés par de telles bombes sont de la taille d’un immeuble de deux étages. Rien que la première semaine des bombardements, 12.500 bombes de ce type ont été lâchées sur
Stalingrad.
"Toute la ville était en feu, le sifflement des bombes déchirait l'ouïe. On se protégeait les oreilles avec les mains pour empêcher les tympans d’exploser", se souvient Vera Tiougaïeva,
habitante de Volgograd (ex-Stalingrad). Elle avait cinq ans lorsque les bombardements ont commencé. Un obus est tombé sur sa maison et sa famille a été installée dans une école de la ville avec
d’autres foyers restés sans toit. Le père de Vera Tiougaïeva travaillait à l’usine de tracteurs, où pendant la guerre les chars étaient fabriqués et réparés. L’usine avec ses ouvriers et leurs
familles devait être évacuée à Barnaoul, dans l'Altaï.
"Un véhicule nous a amenés sur la rive de la Volga, où un ferry nous attendait pour nous transporter de l’autre côté, raconte Vera Tiougaïeva. Il y a avait une grande bousculade pour
monter à bord du premier ferry, les gens se marchaient les uns sur les autres. Nous ne sommes pas montés. Le ferry a atteint le milieu du fleuve où il a été touché par un obus et a
coulé corps et biens."
Ils ont été transportés sur la rive gauche de la Volga sur un second ferry. Après le débarquement, une autre bombe a explosé sur la rive. Vera et sa sœur ont été recouvertes de sable.
La mère a longtemps cherché ses filles en creusant chaque tas de sable avec ses mains. Elle a retrouvé ses enfants alors qu’ils commençaient à suffoquer. La famille de Vera Tiougaïeva a
eu une chance incroyable: elle a été évacuée et tout le monde a survécu.
La guerre n’a pas d’âge
Tous les habitants de Stalingrad, y compris les enfants et les vieillards, ont dû endurer la faim, le froid et la perte des proches. Pendant la défense de la ville, l’enfance de
centaines de milliers d’enfants et d’adolescents de Stalingrad a été bouleversée. Ils participaient aux combats et accomplissaient des missions de reconnaissance.
En 1942, Nikolaï Orlov avait à peine 16 ans lorsqu’on lui a décerné l’Ordre de la Guerre patriotique et la médaille du Courage. Les médailles ont été remises par le chef de la 62e Armée
Vassili Tchouïkov. Ce dernier a également ordonné de remettre à Nikolaï Orlov une vareuse en gabardine, dont il ne s'est pas séparé pendant de nombreuses années.
Nikolaï a fait partie des adolescents qui étaient formés pour les missions de reconnaissance par les unités opérationnelles du Commissariat du peuple aux Affaires intérieures
(NKVD). Les enfants connaissaient bien la ville et ont été utilisés en tant qu’éclaireurs. Ils recueillaient des informations sur les lieux de concentration des Allemands et de
matériel militaire de l’ennemi. Pendant la guerre Nikolaï Orlov a franchi la ligne du front et rapporté des informations importantes à 71 reprises. Aujourd’hui, Nikolaï Orlov a
pratiquement 85 ans. Il se souvient très bien de sa première mission de reconnaissance au-delà des lignes ennemies, probablement car elle pouvait également être la dernière.
Un aérodrome camouflé se trouvait à 80 kilomètres de Stalingrad, près du village de Marinovka, dans les arrières des Allemands. Il permettait à l’aviation allemande de bombarder
les traversées et de miner la Volga. L’armée allemande acheminait à Marinovka les gens qui étaient ensuite envoyés pour travailler en Allemagne. Se trouvant parmi ces gens
Nikolaï Orlov a réussi à atteindre le village. Puis, il s’est discrètement détaché des autres pour se rapprocher de très près de l’aérodrome qui était particulièrement protégé
sur tout son périmètre. Avant d’atteindre l’aérodrome, l’adolescent a vu une vieille femme. Elle somnolait et des chèvres broutaient l’herbe autour d’elle. Nikolaï Orlov les a
emmenées avec lui.
"Je me suis dit que si cela tournait mal, je pourrais me faire passer pour un berger, se souvient le colonel à la retraite Nikolaï Orlov. Et les Allemands ne m’ont vu que
lorsque je m’étais approché de l’aéroport et réussi à compter tous les avions. Ils avaient un traducteur d’origine ukrainienne." Nikolaï a raconté aux Allemands qu’il faisait
paître les chèvres à proximité et qu’il s’était endormi. Les chèvres sont donc parties en direction de l’aérodrome et il a dû aller les récupérer.
"L’officier allemand commençait à me croire, je le voyais sur son visage, peut-être qu’il avait lui-même des enfants, mais le traducteur s'acharnait et s'efforçait de convaincre
l’officier de ne pas me relâcher. Je ne sais pas comment cela se serait terminé si la vieille femme à qui appartenaient les chèvres ne s’était pas réveillée", raconte Nikolaï
Orlov.
Elle est arrivée en courant vers l’adolescent en criant: "Andouille, combien de fois je t’ai dit de ne pas t’éloigner." Pour être plus convaincante, elle a frappé Nikolaï sur le
dos avec un fouet. Les Allemands ont cru à l’histoire du berger et ont relâché le jeune agent de reconnaissance. Le soir même l’aéroport a été détruit par l’armée soviétique.
Nikolaï Orlov n’a jamais plus revu la vieille femme qui lui a sauvé la vie. Lorsque la bataille de Stalingrad s’est terminée, Nikolaï Orlov n’avait pas encore 17 ans, et Tatiana
Tchetviarekova avait à peine 3 ans.
Lire la suite ici : http://fr.rian.ru/discussion/20111108/191875834.html
Chiron
|
Ajouter video à blog
Afin d'insérer un lien vers cet article, veuillez copier le code suivant dans votre blog |
||
|
Ajouter video à blog
Afin d'insérer un lien vers cet article, veuillez copier le code suivant dans votre blog |
||
