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La Russie s’oppose à de nouvelles sanctions contre l’Iran 18/12/2010
Il y a quelques semaines, la grande interrogation qui animait la fine fleure de la politique internationale était de savoir si le
dialogue de « Genève III » finirait ou pas, par amorcer ce déclic désormais si nécessaire à un changement de vision occidentale de la question iranienne. D’aucuns s’amusaient même à déchiffrer les moindres signes positifs, se félicitant, en passant, de ce que le gotha occidental a donné une nouvelle chance à la diplomatie. A
peine deux semaines après la rencontre suisse, voici venu le temps des désillusions ! L’un des premiers Etat déçus par la tournure que prennent les événements post-Genève III, est la
Russie, une Russie qui condamnait encore hier, et par la voix du numéro deux de son ministère des Affaires étrangères, Sergueï Ribakov, « tout recours unilatéral à davantage de sanctions
contre l’Iran ». En effet, le « niet » russe au durcissement des restrictions anti-iraniennes est bien significatif. En dépit d’un incompréhensible zigzag diplomatique sur le
dossier nucléaire iranien, Moscou semble craindre avoir à payer encore et encore les pots cassés d’une pseudo-crise qui lui arrache des mains, de juteux contrats énergétiques, qui pénalisent
son capacité de manœuvre pétro-gazière et qui fait de lui, le sous fifre d’un empire américain déglingué, délirant de bellicisme et dont la diplomatie se réduit à un triple hoquet :
Sanction ! Sanction ! Sanction ! Vladimir Poutine ne s’y est pas trompé lui, qui confirmait, il y a quelques jours à l’antenne de CNN, l’absurdité qu’il y a, à vouloir imposer à
l’Iran de nouvelles sanctions économiques, alors même que depuis Genève III, un nouveau climat semble s’instaurer autour de cette affaire, avec en perspective, de nouvelles négociations, de
nouvelles rencontres ainsi que la recherche d’une vraie solution. Au journaliste de CNN, Poutine a aussi souligné le caractère pacifique du programme nucléaire iranien, le droit de la RII à
vouloir le développer. Mais sur ce point, Poutine n’apprend rien à personne. Le monde occidental sait bien que le pacifisme fait partie de la culture iranienne. Il sait bien que l’Iran n’a
jamais envahi aucun pays, n’a jamais bombardé aucune population, n’a jamais occupé aucun territoire, n’a jamais menacé personne. Et pourtant, l'Occident continue à le traiter en coupable.
Pourquoi ? Pour avoir exprimé un ras-le-bol des prédations et violences occidentales dans cette région, pour avoir souhaité exploiter ses ressources dans l’indépendance, en faire profiter
sa population et se développer dans les sciences et les techniques, au même titre que les pays les plus développés. Et c’est vrai que pour un Occident, ivre de lui-même, cette volonté-là est
pire qu’un crime !