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| 22/02/2011 07:06 |
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PARIS (AFP) - La presse française dénonce les compromissions de la France et de l'UE avec Kadhafi Les éditorialistes s'inquiètent mardi de la répression sanglante en Libye et se déchaînent contre les petits arrangements conclus par la France et l'Europe avec Mouammar Kadhafi, notamment les ventes d'armes utilisées aujourd'hui contre un peuple luttant pour sa liberté. Malgré un "monstrueux bilan", rappelle François Sergent dans Libération, "la Libye de Kadhafi a été ramenée parmi le concert des nations par Bush fils, Blair, Berlusconi et finalement Sarkozy...au nom de la lutte contre le terrorisme et en échange de ventes darmes, qui servent aujourdhui contre les manifestants, et de livraisons de gaz et de pétrole." "Des centaines de Libyens paient aujourdhui cet aveuglement et ces compromissions", assène l'éditorialiste du quotidien de gauche, qui cite les propos tenus en 2007 par Patrick Ollier, compagnon de la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie et "l'un des soutiens en France" du dictateur libyen: "+Kadhafi nest plus le même quil y a vingt ans et a soif de respectabilité. Il lit dailleurs Montesquieu+." "Verra-t-on dans quelques semaines le colonel Kadhafi demander lasile politique en France et réinstaller sa tente sur les pelouses de lhôtel Marigny?", ironise pour sa part Bruno Dive dans Sud-Ouest, avant d'avouer sur un ton plus grave: "On a de plus en plus honte davoir accueilli et de quelle manière !" le dirigeant libyen. "Souvenez-vous", écrit Michel Lepinay dans Paris-Normandie, "c'était fin 2007, et Nicolas Sarkozy accueillait en grande pompe à Paris le +guide+ libyen...On nous expliquait aussi alors que le tyran était +sur le chemin de la respectabilité+ selon les mots de Nicolas Sarkozy" qui "était allé jusqu'à lui proposer nos centrales nucléaires !". "Décidément les relations avec les dictateurs ne réussissent pas vraiment à Nicolas Sarkozy et ses ministres", lance-t-il. "Après les errements de Michèle Alliot-Marie, qui n'ose même plus se rendre en Tunisie... ce sont les complaisances pour le colonel Kadhafi qui reviennent en boomerang à la face du président français." "Kadhafi n'est plus notre ami! A dire vrai, il n'aurait jamais dû l'être", renchérit Jacques Camus dans la République du Centre. La France aurait dû "effacer par de fermes déclarations ces accointances passées" mais "Las ! Notre diplomatie foutraque" a multiplié "les impairs entre coups de menton hasardeux et prudences complices". "La France officielle recevait à Paris, il y a quelques années, le colonel Kadhafi", souligne également Maurice Ulrich dans l'Humanité. "Mais la France sarkozyenne aujourd'hui est presque silencieuse et pusillanime", ce qui s'inscrit selon lui, "dans la logique d'une pensée qui n'a pas fait son deuil du néocolonialisme". Kadhafi "a en main deux cartes maîtresses", vis-à-vis des gouvernements européens, analyse Dominique Quinio dans La Croix, "du pétrole en abondance et un rôle clé dans le contrôle de l'émigration africaine" mais "il serait pourtant indécent que, par peur des répercussions sur leur sol...nos pays s'effraient du vent de liberté soufflant de l'autre côté de la Méditerranée." |
Lien : http://www.la-croix.com/afp.static/pages/110222060559.5ruwmlr1.htm
Source : http://www.dazibaoueb.fr/article.php?art=20910
Chiron