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Dans l'Égypte ancienne, Maât, déesse de la Justice et de la vérité, intervient lors de la psychostasie (moment de la pesée de l'âme du défunt) afin de juger la personne décédée.
Ce papyrus représente la psychostasie. Le cœur de l'égyptien décédé repose sur un des plateaux de la balance. Sur l'autre portant, la plume de la déesse Maat. Si le cœur du défunt est plus
léger que la plume de Justice, il pourra entrer au royaume d'Osiris.
Dans l'Antiquité grecque, Thémis, fille d'Ouranos
(le Ciel) et de Gaïa (la Terre) était considérée comme la déesse de la Justice, de la loi et de l'équité. Elle est représentée sous la forme d'une femme qui d'une main tient une balance (pour
l'équilibre du cosmos), un glaive, et parfois un bandeau sur les yeux (pour l'impartialité). Thémis applique une justice divine immanente, qui relève directement des dieux.
Thémis eut deux filles de Zeus : les déesses de la justice humaine. Eunomie représentait la justice humaine dans son aspect légal et Diké personnifiait la justice humaine dans son aspect répressif, celui du châtiment et de l'application des peines.
En savoir plus sur les symboles de la Justice
Les attributs de
Justice sont empruntés à Thémis, Dicé, Tyché et
Némésis.
Tyché était considérée comme la divinité titulaire de la fortune, de la prospérité et de la destinée d'une cité d'un État. Elle décide du destin des mortels, comme jouant avec une balle rebondissant, de bas en haut, symbolisant l'insécurité de leurs décisions. Personne ne devait se vanter de sa bonne fortune ou négliger d'en remercier les Dieux, sans quoi Némésis, déesse de la vengeance, intervenait pour le punir.
Dans l'art du Moyen Âge, la femme n'a pas une position de force au regard de l'homme, notamment dans le Jugement Dernier. Le
Christ est au centre de la scène et apparaît comme un dieu vengeur. À côté de lui, la vierge Marie est à ses genoux et l'implore d'être miséricordieux.
En outre, la femme vierge était mise en avant car elle représentait une justice intouchable et inaccessible. La femme était associée à l'intuition. En effet, elle possède une vue de l'intérieur de la personne qui se positionne face à elle, ce qui est un atout de taille pour un juge.
La femme représente Ja justice et porte sur elle un voile transparent qui montre qu'elle n'a rien à cacher, qu'elle est honnête. Elle tient une
épée et une balance, symboles de la justice. Le fond noir porte notre regard sur la femme
Dès le XVe siècle dans l'Europe médiane, les représentations picturales dans les salles de Justice puisent leurs inspirations dans le registre des images
religieuses : Jugement dernier, Crucifixion... À cette époque, la Justice fait appel à des images propres à l'Église afin de devenir une institution puissante de l'État moderne.
Au XVIe siècle, l'allégorie de la "Justitia militans" apparaît dans les cités-État de l'Italie du nord, aux Pays-Bas, dans la Confédération des huit cantons et dans certaines villes de l'Empire.
Yeux bandés, balance dans la main gauche et épée dans la main droite, cette femme reflète l'évolution politique qui se manifeste à la Renaissance. La Justice n'est plus représentée par la Vierge couronnée, médiatrice par excellence, dont le culte avait prédominé au Moyen Age.
La femme qui incarne la Justitia militans est une courtisane, dont les vêtements sont ceux du costume militaire. Elle porte souvent une armure ou un casque, et montre une poitrine nue ou découverte.
Mais cette image ne fait pas référence au statut de la femme telle qu'on la voyait au début de la Renaissance. La femme alors était exclue de toute activité politique et mise à l'écart de la vie sociale. L'image de la femme qui représentait la Justice était totalement éloignée de tout ce qui pouvait rappeler l'exercice du pouvoir, absolument dénuée de liens avec les institutions sociales et politiques.
À travers les âges, la Justice a toujours été représentée par une femme :
© MJL - DICOM - Adrian Vangheli
Au XIXe siècle, "Une femme pour la Justice" : la glorification de la loi par Paul Baudry
La "Glorification de la loi", commandée à Paul Baudry (1828-1886), qui travailla aussi pour le foyer de l'opéra, est sans conteste une œuvre
majeure. Le tableau fut exposé au salon de 1881 où il obtint la médaille d'honneur. Il fut installé en 1888.
Sur le socle est gravé « Lex imperat » (la loi commande).
La grande figure assise sur le piédestal à l'ombre des plis flottants de l'étendard national, représente la Loi. La jurisprudence est représentée par la femme tenant une baguette dans sa main. Elle est commandée par la Justice, par la loi, par la femme blanche.
Au-dessus d'elle, deux figures allégoriques brandissent les attributs de la justice, main de justice, balance et glaive. Quand une femme tient un glaive, elle le tient de la main droite (côté juste, bon, fort). Le côté gauche est le côté sinistre.
À gauche du socle, l'Autorité s'appuie sur la hampe du drapeau, tandis que la jurisprudence lève un regard soumis vers la Loi qui lui intime une directive.
Sur la droite, un magistrat en robe exprime le respect de la Cour en retirant sa toque (il vient saluer la Justice). À ses pieds règnent la Paix et la Concorde.
De plus, du même côté de la fresque, une femme au casque symbolisant la force et protégeant un nouveau né qui représente l'innocence.
En somme, la réalisation de cette œuvre est marquée par l'École de l'Exégèse qui avait une influence considérable sur la manipulation de la jurisprudence. En droit, au XIXe, l'École de l'Exégèse laissait peu de marge à l'interprétation et à la jurisprudence.
Ce tableau est situé dans la Grand'Chambre de la Cour de cassation.
© MJL - DICOM - Adrian Vangheli
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Chiron
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Que dit Paul Baudry de son œuvre ? « Je ne sais pas de meilleure manière de glorifier la loi pour un peintre qui n'est tenu d'être ni un légiste, ni un pédant que de la rendre agréable et de lui conquérir les amoureux. » |