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Invité surprise de Dray, DSK en boulet de l’entre-deux tours des socialistes

 

 

 

 

Invité surprise de Dray, DSK en boulet de l’entre-deux tours des socialistes
Marie Telling | Etudiante en journalisme

Mis à jour le dimanche 29 avril 2012 à 16h40
Communiqué du Guardian, photo de Julien Dray remplacée par un cliché plus flatteur.
 

Invité surprise d’une fête entre leaders socialistes organisée par Dray samedi soir, DSK a fait fuir les convives, et a obligé Hollande à prendre ses distances.


Julien Dray à l’Assemblée nationale (Witt/Sipa)

Trouble-fête et trouble-campagne, l’ancien directeur du FMI s’invite une nouvelle fois dans la course à la présidentielle. Aubaine pour Nicolas Sarkozy et gêne chez les socialistes.

Le dernier épisode s’est joué samedi soir, dans un bar de la rue Saint-Denis, à Paris. Julien Dray, député PS de l’Essonne, y avait convié tous ses amis. Officiellement, pour fêter, avec pas mal de retard en raison d’ennuis de santé, ses 57 ans – il est né le 5 mars. Dominique Strauss-Kahn, invité suprise de la soirée (même si c’est Anne Sinclair qui était invitée, dit-on...) – est né le 25 avril mais les participants assurent qu’il ne s’agissait nullement de son propre anniversaire.

Son arrivée a en tout cas fait fuir une partie des convives, dont Ségolène Royal, Manuel Valls et Pierre Moscovici.

Dimanche sur Canal +, François Hollande a tenu à mettre à distance une nouvelle fois l’ancien ministre de Lionel Jospin :

« [Dominique Strauss-Kahn] n’a pas à revenir dans cette campagne. Il n’est plus dans la vie politique, il n’a pas à être dans des images qui laisseraient entendre qu’il y revient. »

« L’entretien au Guardian est un montage »

Mais cette intrusion dans le débat de l’entre-deux tours du paria de la gauche a commencé avec la publication vendredi par le Guardian d’une « interview » de Dominique Strauss-Kahn accordée au journaliste américain Edward Epstein. L’ancien futur candidat à l’élection présidentielle française revient sur le scandale du Sofitel et parle d’une « orchestration » de l’affaire par ses « ennemis politiques » :

« J’étais peut-être naïf mais je ne pensais pas qu’ils iraient aussi loin... Je ne pensais pas qu’ils pourraient trouver quoi que ce soit qui pourrait m’arrêter. »

Dimanche, l’entourage de DSK rectifie auprès de l’AFP. Selon eux, il n’a jamais accordé d’interview au quotidien britannique ou à Edward Epstein. L’entretien est « un montage fait à partir d’un livre à paraître de M. Epstein » :

« Ce livre écrit au style indirect ne contient par ailleurs aucune citation entre guillemets de Dominique Strauss-Kahn. »

Dans un communiqué publié dimanche après-midi, pourtant, le Guardian persiste et signe : les propos de Dominique Strauss-Kahn ont été prononcés au cours d’une interview de deux heures réalisée le 13 avril à Paris par le journaliste américain Edward Epstein, dit-il.

Le quotidien britannique relève d’ailleurs que DSK ne dément aucunement la teneur des propos qui lui sont attribués.

« Bon courage à M. Hollande »

Mais le mal est déjà fait, puisque dès le lendemain de l’interview, Nicolas Sarkozy s’empare de l’opportunité et déclare dans un entretien avec Le Parisien :

« Quand on est présumé avoir fait ce qu’on reproche à M. Strauss-Kahn, on devrait avoir la pudeur de se taire. [...] Je souhaite bon courage à M. Hollande pour avoir un tel soutien. »

Le Président sortant en profite pour ne pas répondre aux révélations du site Mediapart sur un possible financement de sa campagne de 2006 par Mouammar Kadhafi :

« Vous voyez bien que c’est une tentative pour faire diversion après le retour en scène de M. Strauss-Kahn, qui est tout, sauf à l’avantage des socialistes, qui n’ont guère envie qu’on rappelle qu’ils avaient l’intention d’en faire le prochain président de la République française. »

« Je ne savais pas que DSK était invité »

Du côté du Parti socialiste justement, l’affaire dérange et divise toujours, comme l’a montré l’anniversaire de Julien Dray. Dès l’annonce de l’arrivée de DSK dans le bar de la rue Saint-Denis, Pierre Moscovici Ségolène Royal et Manuel Valls quittent les lieux, furieux de pas avoir été prévenus.

La candidate socialiste de 2007 prévient l’AFP :

« Dire que j’aurais rencontré Dominique Strauss-Kahn à cette occasion serait diffamatoire.

Je suis allée dans ce bar avec ma fille fêter l’anniversaire de Julien Dray, nos enfants sont amis, mais je ne savais pas que Dominique Strauss-Kahn était également invité. En l’apprenant, nous sommes tout de suite reparties et nous ne l’avons pas croisé. »

« Inconscience et mauvais goût de Dray »

Sur Twitter, on s’étonne et critique l’attitude de Julien Dray. Le journaliste Jérôme Godefroy dénonce ainsi son « inconscience » et son « mauvais goût ».

Le journaliste de Politis Michel Soudais, soutien de Jean-Luc Mélenchon, parle d’un événement qui « donne des verges à l’adversaire pour se faire battre ».

 

 

 

Lien : http://www.rue89.com/rue89-presidentielle/2012/04/29/dsk-le-boulet-de-lentre-deux-tours-socialiste-231668#comments-start

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chiron

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