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Par Chiron
Trouble-fête et trouble-campagne, l’ancien directeur du FMI s’invite une nouvelle fois dans la course à la présidentielle. Aubaine pour Nicolas Sarkozy et gêne chez les socialistes.
Le dernier épisode s’est joué samedi soir, dans un bar de la rue Saint-Denis, à Paris. Julien Dray, député PS de l’Essonne, y avait convié tous ses amis. Officiellement, pour fêter, avec pas mal de retard en raison d’ennuis de santé, ses 57 ans – il est né le 5 mars. Dominique Strauss-Kahn, invité suprise de la soirée (même si c’est Anne Sinclair qui était invitée, dit-on...) – est né le 25 avril mais les participants assurent qu’il ne s’agissait nullement de son propre anniversaire.
Son arrivée a en tout cas fait fuir une partie des convives, dont Ségolène Royal, Manuel Valls et Pierre Moscovici.
Dimanche sur Canal +, François Hollande a tenu à mettre à distance une nouvelle fois l’ancien ministre de Lionel Jospin :
« [Dominique Strauss-Kahn] n’a pas à revenir dans cette campagne. Il n’est plus dans la vie politique, il n’a pas à être dans des images qui laisseraient entendre qu’il y revient. »
Mais cette intrusion dans le débat de l’entre-deux tours du paria de la gauche a commencé avec la publication vendredi par le Guardian d’une « interview » de Dominique Strauss-Kahn accordée au journaliste américain Edward Epstein. L’ancien futur candidat à l’élection présidentielle française revient sur le scandale du Sofitel et parle d’une « orchestration » de l’affaire par ses « ennemis politiques » :
« J’étais peut-être naïf mais je ne pensais pas qu’ils iraient aussi loin... Je ne pensais pas qu’ils pourraient trouver quoi que ce soit qui pourrait m’arrêter. »
Dimanche, l’entourage de DSK rectifie auprès de l’AFP. Selon eux, il n’a jamais accordé d’interview au quotidien britannique ou à Edward Epstein. L’entretien est « un montage fait à partir d’un livre à paraître de M. Epstein » :
« Ce livre écrit au style indirect ne contient par ailleurs aucune citation entre guillemets de Dominique Strauss-Kahn. »
Dans un communiqué publié dimanche après-midi, pourtant, le Guardian persiste et signe : les propos de Dominique Strauss-Kahn ont été prononcés au cours d’une interview de deux heures réalisée le 13 avril à Paris par le journaliste américain Edward Epstein, dit-il.
Le quotidien britannique relève d’ailleurs que DSK ne dément aucunement la teneur des propos qui lui sont attribués.
Mais le mal est déjà fait, puisque dès le lendemain de l’interview, Nicolas Sarkozy s’empare de l’opportunité et déclare dans un entretien avec Le Parisien :
« Quand on est présumé avoir fait ce qu’on reproche à M. Strauss-Kahn, on devrait avoir la pudeur de se taire. [...] Je souhaite bon courage à M. Hollande pour avoir un tel soutien. »
Le Président sortant en profite pour ne pas répondre aux révélations du site Mediapart sur un possible financement de sa campagne de 2006 par Mouammar Kadhafi :
« Vous voyez bien que c’est une tentative pour faire diversion après le retour en scène de M. Strauss-Kahn, qui est tout, sauf à l’avantage des socialistes, qui n’ont guère envie qu’on rappelle qu’ils avaient l’intention d’en faire le prochain président de la République française. »
Du côté du Parti socialiste justement, l’affaire dérange et divise toujours, comme l’a montré l’anniversaire de Julien Dray. Dès l’annonce de l’arrivée de DSK dans le bar de la rue Saint-Denis, Pierre Moscovici Ségolène Royal et Manuel Valls quittent les lieux, furieux de pas avoir été prévenus.
La candidate socialiste de 2007 prévient l’AFP :
« Dire que j’aurais rencontré Dominique Strauss-Kahn à cette occasion serait diffamatoire.
Je suis allée dans ce bar avec ma fille fêter l’anniversaire de Julien Dray, nos enfants sont amis, mais je ne savais pas que Dominique Strauss-Kahn était également invité. En l’apprenant, nous sommes tout de suite reparties et nous ne l’avons pas croisé. »
Sur Twitter, on s’étonne et critique l’attitude de Julien Dray. Le journaliste Jérôme Godefroy dénonce ainsi son « inconscience » et son « mauvais goût ».
Le journaliste de Politis Michel Soudais, soutien de Jean-Luc Mélenchon, parle d’un événement qui « donne des verges à l’adversaire pour se faire battre ».
Chiron
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