Un demi million de gens défient la loi 78 au centre ville de Montréal selon CUTV
Photo Alain Roberge/La Presse
En ce 100e jour de grève étudiante, des dizaines de milliers de personnes marchent dans les rues du centre-ville contre la hausse des droits de scolarité et contre la loi spéciale adoptée vendredi dernier.
Dès les premières minutes, la manifestation s’est divisée en trois groupes: un clan a suivi l’itinéraire connu des policiers, d’autres ont suivi la bannière de la CLASSE qui n’a pour sa part pas dévoilé son trajet. Vers 16h45, la manifestation du troisième groupe a été déclarée illégale puisque des projectiles auraient été lancés vers des policiers et dans les vitres d’une institution financière.
Plusieurs milliers de personnes participent à l’événement. Une heure et demie après le début de la manifestation, des personnes attendaient toujours de commencer à marcher à partir du point de départ, au Quartier des spectacles. La CLASSE estime que 250 000 personnes participent à l’événement. Le Service de police de la Ville de Montréal ne confirme pour sa part aucun chiffre.
La plupart des regroupements participants avait fourni un itinéraire de la marche. «Il est essentiel de ne pas exposer inutilement nos militants et nos organisations aux mesures répressives [du] projet de loi. Les autorités municipales seront informées [de notre itinéraire] comme nous le faisons à chacune de nos manifestations. De plus, nous aurons notre service d’ordre », explique le Syndicat de la fonction publique (SCFP) sur son site web.
La CLASSE, instigatrice de ce rassemblement, avait pour sa part choisi de ne pas divulguer son trajet. On s’attendait à ce que ses membres empruntent le même chemin que les autres participants.
Avant le départ, le porte-parole Gabriel Nadeau-Dubois a déclaré que le rassemblement pacifique prouvait que désobéissance civile n’est pas synonyme de vandalisme. Il croit que le succès de la manifestation est un geste «collectif, massif de désobéissance civile».
«Ce sont des dizaines de milliers de personnes qui sont dans les rues, dit-il. Si le ministre de la Justice est conséquent avec sa loi, il devra mettre à l’amende des dizaines de milliers de personnes.»
Une foule bigarrée, composée d’étudiants certes, mais aussi de militants tous azimuts, de sympathisants, de familles, de poussettes, et d’ainés, s’était réunie vers 14h pour le départ à la place des Festivals. Le thème de l’événement est: «100 jours de grève. 100 jours de mépris. 100 jours de résistance.»
Les associations étudiantes sont au rendez-vous, tout comme plusieurs grands syndicats et des politiciens, dont Amir Khadir, habitué des manifs étudiantes. Gilles Duceppe, venu assister à la manifestation avec un carré blanc épinglé à sa veste, croit que le gouvernement n’a plus qu’une porte de sortie: retourner aux négociations avec la FECQ et la FEUQ.
Plusieurs manifestants ont des mots durs pour le gouvernement. «Ce ne sont pas les étudiants qui sont violents, c’est le gouvernement qui est violent», rage Christine Coallier, professeure de philosophie au cégep. Elle en veut particulièrement au gouvernement de Jean Charest d’avoir fait la sourde oreille depuis 100 jours.
Lorraine Boutin et Marc Guénette, eux, manifestent avec leur fils gréviste Antoine, étudiant au Cégep Bois-de-Boulogne. «Cette loi spéciale est le constat d’échec d’un gouvernement qui n’a pas réussi à dialoguer avec des jeunes très intelligents. Notre jeunesse est très impressionnante», raconte Mme Boutin.
«L’éducation est le plus beau cadeau pour nos jeunes. La hausse des frais n’est pas le débat, il y en a de l’argent. Mais la loi spéciale a fait de moi un citoyen engagé. Je suis sur les réseaux sociaux comme twitter et je suis ce qui se passe», raconte Marc Guénette.
«La loi spéciale m’a fâché. Ça va me rendre plus militant. Au mieux, cette loi ne changera rien. Au pire elle va empirer les choses», croit Antoine.
Maxime, un étudiant de 24 ans, demande que les parties retournent à la table des négociations. «En trois mois de grève, on a eu 22 heures de discussion. Ça dit quelque chose».
Rappelons que les 22 mars et 22 avril derniers, des centaines de milliers de personnes ont pris la rue d’assaut, la première fois contre la hausse des droits de scolarité, la deuxième pour le jour de la Terre.

VIDÉO: ICI

Source et photos sur  La Presse.ca
Mais le meilleur endroit pour suivre la manif en direct aujourd’hui, c’est sur CUTV ;)
Bonne manif tout l’monde! :)
Fais à remarquer, tout comme hier soir lors de la 28 ème manifestation nocturne , l’anti-émeute est totalement absente, et peu de présence policière, ce qui nous donne une manifestation très festive et pacifique. Trouver l’erreur! ;)
Selon CUTV, c’est près d’un demi million (500,000)  de gens qui défient la loi 78 aujourd’hui…Les médias, eux, avance plutôt 250 milles comme estimation de la foule…À vous de juger!

 

Voici d’autres photos de l’événement:
Des membres de la Coalition large pour une solidarité syndicale étudiante (CLASSE) tenaient une énorme bannière.
Les membres du Rabbit Crew, regroupement qui produit des vidéos d’humour noir et les diffuse sur les médias sociaux, étaient de la marche.
Comme lors des manifestations précédentes, les policiers à cheval étaient sur place.
Arnarchopanda, présent aux manifestations des dernières semaines, était fidèle à ses habitudes. Il distribuait des câlins, à la joie de cette petite manifestante!
Gilles Duceppe, ex-chef du Bloc Québécois était présent. Il arborait le carré blanc pour signifier sa volonté d’un retour à la paix sociale et d’un moratoire dans le dossier de la hausse des droits de scolarité.
Barbe rouge!
Malgré ce que cette photo laisse supposer, l’ambiance était festive à la Place des Festivals!
Plusieurs artistes étaient sur place dont les auteur-compositeur-interprètes Yann Perreault et Michel Rivard.
Paul Piché, auteur-compositeur-interprète.
Jeanne Reynolds, l’une des porte-paroles de la CLASSE.
Aussi porte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois est ici en compagnie de Yann Perreau et du parolier Gilles Bélanger.
(Crédit photo: Agence QMI)
VIDÉO: ICI
Entrevue avec Gabriel-Nadeau Dubois: ICI