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Les 4 accord tolteques

4 mars 2012 7 04 /03 /mars /2012 12:05

 

 

 

 

Vladimir Poutine et les grandes lignes de la politique russe internationale

Sujet: Présidentielles russes 2012. Commentaires (52 articles )

Il y a quelques années la très sérieuse Los Angeles Times a comparé la Russie à une souris qui essaie de rugir. De nos jours il est incontestable que cette comparaison n’est plus de mise.

Poutine a réussi à sortir son pays du guêpier où celle-ci s’est fourré du temps de Boris Eltsine. On a beau criticailler le candidat numéro un – plus les élections se rapprochent et plus les Russes son nombreux à lui témoigner une sorte de confiance forcée. Forcée parce que peut-être l’inéluctable choix pèse sur la conscience démocratique du peuple mais, à bien y regarder, Poutine est vraiment le meilleur. Lorsqu’il a décidé de se prononcer aujourd’hui sur les pages d’un périodique moscovite, ce journal s’est avéré introuvable dans la plupart des kiosques de la ville. On lit l’article de Poutine intitulé « La Russie et le monde en mouvement ». On en parle et on le commente à profusion avec moult détails.

En fait, le Candidat avec un C en majuscule a jeté les bases de l’époque à venir – celle de son nouvel avènement au mandat. La politique internationale vue par Poutine a retrouvé quelques accents qui sonnent l’airain de l’ère impériale à savoir le message des plus clairs adressé à l’OTAN. Selon celui qui occupe encore le poste du premier-ministre, l’OTAN se permet des choses intolérables en s’octroyant le droit souverain d’occire les ennemis du monde au nom de l’ONU qui, pourtant, ne l’a jamais mandaté par aucune commission rogatoire. C’est dire que l’on assiste au crime de la révision des normes de souveraineté internationale quelle qu’en soient les raisons. Autrement dit, Poutine refuse les avatars du monde unipolaire qui semble passer outre l’opposition du Conseil de sécurité. Le fervent désir d’un ministre de la défense française de « botter le cul » des certaines puissances rime bien à la politique de la soldatesque napoléonienne. Pour ce qui est de Gérard Longuet, encore faut-il se trouver à la portée du cul de la proie convoitée – du cul et non de ses sabots!

Selon l’optique poutinienne, les frontières russes sont exposées à toutes sortes de surprises néfastes comme, par exemple, le grand brasier afghan où depuis un an la production de la drogue dure a augmenté de 40 p.c. Poutine a même traité cette situation d’une agression des stupéfiants contre la Russie.

Le message est donné en clair : on nous attaque, nous nous réservons tous les moyens de légitime défense. Ou encore si les grands de ce monde entendent ne pas respecter les règles de la bienséance, qu’ils s’attendent au pire ! Evidemment le mandat à venir ne serait pas de tout repos pour la Russie revenue au rang des puissances mondiales. Nous voyons maintenant que le premier-ministre et candidat a arrêté que le pays doit se doter des moyens militaires adéquats pour tenir tête à toute agression et, à partir de la Seconde guerre du Caucase ou encore de l’époque de son discours à Munich, ses ennemis savent qu’il tient toujours la parole.

Si le premier volet nous désigne l’agresseur qui cherche noise au sanctuaire russe, le deuxième chapitre de cette thèse nous explique qui est érigé au nombre des amis de Moscou. Parmi les amis-alliés stratégiques on retrouve la Chine avec laquelle, selon Vladimir Poutine, tout contentieux – qu’il soit de l’ordre territorial ou politique - est déjà réglé. Le Candidat table sur l’essor de l’économie chinoise qui, on le comprend, aura impérativement besoin de l’énergie russe. Selon lui, il n’y a aucun danger à craindre de la part de Pékin qui a besoin d’une Russie forte et développée. Par conséquent, on est définitivement fixé sur la direction du nouvel axe dirigé vers l’intérieur du continent eurasien. La Russie mise également sur l’alliance avec l’Inde qui est moins représentative dans l’article de Poutine par rapport à la Chine. Cela s’explique peut-être par le fait que l’Inde est un ami de longue date et que les Russes n’ont pas besoin d’une image explicite pour comprendre.

En troisième lieu, le premier-ministre veut refaire le monde avec les pays les plus prometteurs faisant équipe au sein du BRICS où l’on retrouve à la fois le Brésil et l’Afrique du Sud sans parler de la Chine et de l’Inde précitées. Il est intéressant de noter que l’Europe ne vient qu’en troisième volet témoignant d’un intérêt moyen porté par la Russie à cette direction. Cependant, le premier-ministre propose une solution énergétique révolutionnaire plaidant la cause de la création d’un complexe énergétique uni de Lisbonne à Vladivostok. La Russie dans l’optique poutinienne voit surtout l’Allemagne et la France comme une image d’une Europe forte et ouverte à la coopération avec Moscou. Autrement dit, le Kremlin ne semble pas être intéressé outre mesure par les aléas de la zone euro. Ce qui compte beaucoup plus pour lui, c’est la survie d’une idée européenne supranationale à l’échelle de Charlemagne parce que réunifiant sous un seul toit Paris et Berlin.

Le message de Poutine est historique parce qu’il traduit les nouvelles ambitions de la Russie sur la scène internationale. Cela doit être un Etat militairement fort qui a tiré un trait sur le passé et n’entend quémander quoi que ce soit à qui que ce soit. Cet Etat est conscient qu’il s’érige en garant du droit international et doit essayer d’endiguer l’OTAN. Il représente les aspirations du monde libre qui ne veut plus rester sous le boisseau du néo-impérialisme pro-américain.

Décidément l’histoire a de ses ironies. Il y a à peu près 50 ans Winston Churchill s’est donné pour but d’endiguer l’agression soviétique qui, selon lui, visait l’Europe. Vladimir Poutine semble maintenant renvoyer l’ascenseur aux Occidentaux et ce au nom des trois quarts du continent eurasien.

 

 

Lien :  http://french.ruvr.ru/2012_02_27/67035191/

 

 

 

 

Vive notre cher Poutine et vive la grande Russie

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Chiron

 

 

27.02.2012, 21:58
Photo: RIA Novosti
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